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Risque infectieux posé par Legionella pneumophila hors sérogroupe 1 en milieu hospitalier

par | Juil 24, 2019 | Etablissements de santé | 0 commentaires

Malgré les politiques de contrôle du risque en place et la sensibilisation par les autorités sanitaires, le diagnostic de la légionellose est encore loin d’être systématique. En raison de la fragilité du public hospitalier, le taux de létalité lorsque la maladie est contractée dans ce milieu peut atteindre les 40 à 80 % chez un sujet immunodéprimé non traité.[1] À cette dangerosité s’ajoute la contrainte d’attendre une dizaine de jours pour pouvoir poser le diagnostic avec certitude mais également, une répartition par sérogroupe très particulière.

Quels sont les sérogroupes les plus virulents ?

La légionelle est un bacille pathogène comprenant 49 espèces parmi lesquelles Legionella pneumophila, qui se retrouve impliquée dans la plupart des cas de contamination humaine. Cette espèce est elle-même répartie en 16 sérogroupes. À l’échelle mondiale, les sérogroupes 1, 4 et 6 sont les plus virulents, mais cette proportion varie toutefois selon l’emplacement géographique, le type d’installations et le public exposé. Ainsi, une étude de 2002[2] basée sur 1 335 cas de légionellose provoquées par Legionella pneumophila en Europe, a démontré que 36 % des légionelloses contractées dans un hôpital européen impliquaient L. pneumophila hors sérogroupe 1. Ce pourcentage varie selon les régions du monde et peut par exemple atteindre 71 % au Danemark, en Finlande et en Suède.

Le dépistage de la légionellose nosocomiale ne peut se limiter à un test urinaire

La recherche d’antigène soluble urinaire est une méthode parfaitement fiable si les malades sont infectés par des légionelles de sérogroupe 1. Cependant, selon une étude de 2017[3], le dépistage par le biais de cette technique échoue dans 20 à 50 % des cas en raison de l’implication des légionelles hors sérogroupe 1 dans la légionellose nosocomiale. En cas d’infection survenant dans ce type d’environnement, il est donc indispensable d’effectuer un prélèvement pulmonaire chez les patients, suivi d’un test de culture sur boîte de Pétri.

Prévention hôpital

Face au délai pour obtenir un diagnostic en laboratoire, la prévention reste la meilleure stratégie

La méthode de culture en laboratoire étant bien plus longue et complexe que les tests urinaires, le délai d’attente de plus de 10 jours pour recevoir un diagnostic fiable de légionellose retarde l’action. La meilleure manière de protéger les patients est de prendre le problème à la source, en limitant les risques de contamination des réseaux par la légionelle, afin que ces dernières ne puissent infecter l’être humain. Il est donc indispensable de réaliser des tests préventifs le plus régulièrement possible en recherchant tous les sérogroupes de légionelles, au niveau des points les plus représentatifs et à risque du réseau d’eau.

Pour aller plus loin

Que sont les sérogroupes ?

La différentiation par sérogroupes correspond à la classification de souches d’une même espèce de bactéries en fonction de leurs caractéristiques antigéniques. Ces variations au niveau des antigènes de surface confèrent aux bactéries des propriétés de liaisons aux anticorps spécifiques qui provoquent à leur tour chez l’hôte des réponses immunitaires différentes selon le sérogroupe. Par conséquent, le sérogroupage permet de distinguer les souches selon leurs propriétés immunologiques.

Sources :

[1]Organisation Mondiale de la Santé, Légionellose, 16 février 2018 https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/legionellosis

[2] Helbig, J., Bernander, S., Castellani Pastoris, M. et al., Pan-European Study on Culture-Proven Legionnaires’ Disease: Distribution of Legionella pneumophila Serogroups and Monoclonal Subgroups, Eur J Clin Microbiol Infect Dis (2002) 21: 710. https://doi.org/10.1007/s10096-002-0820-3, accédé le 20 juin 2019

[3] Pierre DM, Baron J, Yu VL, Stout JE. Diagnostic testing for Legionnaires’ disease. Ann Clin Microbiol Antimicrob. 2017;16(1):59. Published 2017 Aug 29. doi:10.1186/s12941-017-0229-6

Ministère de la Santé et des Solidarités Direction Générale de la Santé, Conseil supérieur d’hygiène publique de France Section des maladies transmissibles, Section des eaux, Le risque lié aux légionelles Guide d’investigation et d’aide à la gestion, 1er juillet 2005 https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/guid2005-2.pdf

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