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La légionelle

Legionella pneumophila est une bactérie ubiquitaire, ce qui signifie qu’elle a la capacité de se développer dans son habitat naturel (l’eau chaude) et de s’adapter à d’autres milieux présentant des caractéristiques similaires… dont le corps humain, qui présente une température idéale à la croissance de cette bactérie. Si elle est inhalée, Legionella pneumophila vient se nicher dans les poumons et se multiplie jusqu’à provoquer une infection potentiellement mortelle : la légionellose.

Eau contaminée par la légionelle
Toux - légionellose

Habitat et développement

Les bactéries Legionella pneumophila sont naturellement présentes dans l’eau et les sols humides. Elles colonisent les réseaux de distribution d’eau (eau chaude sanitaire), circuits de refroidissement (tours aéroréfrigérantes à voie humide, climatisation collective) qui présentent les conditions favorables à leur prolifération : température entre 25 et 45°C, oxygène, corrosion (Ions métalliques : fer, zinc, aluminium), tartre (calcium), biofilm (couche organique contenant des micro-organismes et les nutriments nécessaires aux légionelles).

Tous les réseaux d’eau présentant ces caractéristiques présentent donc un risque.

La contamination de l’homme se faisant par inhalation d’eau contaminée, la zone de risque sanitaire dépendra de la propagation potentielle de microgouttelettes ou d’aérosols : quelques mètres à quelques dizaines de mètres pour les douches, spas, les systèmes de brumisation, fontaines publiques… plusieurs kilomètres pour les tours aéroréfrigérantes.

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L'impact du climat

Dans les pays froids (ou tempérés), la légionelle (Legionella pneumophila) se développe donc essentiellement dans les réseaux d’eau chauffés, les réseaux d’eaux froides excédant rarement les 20°C. Dans les régions aux climats plus chauds, l’eau froide se trouve régulièrement à une température excédant les 25°C, devenant un milieu propice à la multiplication de cette bactérie.

La légionellose : une pneumopathie mortelle

La bactérie pathogène Legionella pneumophila provoque une forme de pneumopathie grave, la légionellose (ou maladie du légionnaire), qui se révèle mortelle dans plus de 10% des cas. Le taux de mortalité peut atteindre 50% chez des populations à risque (âge, maladies respiratoires, tabagisme, immunodéficience…).

Bien que découverte il y a 40 ans, la légionellose touche encore environ 9 000 personnes en Europe et quelques dizaines de milliers de personnes aux Etats-Unis chaque année, et provoque plusieurs milliers de décès dans le monde. Ces chiffres restent cependant grandement sous-estimés, les infrastructures permettant de poser un diagnostic étant limitées dans beaucoup de régions (Afrique, Asie Pacifique…).

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Augmentation des cas de légionellose

Malgré un durcissement de la réglementation ces dernières années (obligation de contrôles plus réguliers, étendues des types d’installations à contrôler…), l’incidence de légionellose ne cesse d’augmenter en Europe : 4 921 cas en 2011, 9 238 cas en 2017. Les causes de cette augmentation sont aujourd’hui incertaines : effet du réchauffement des eaux sur la prolifération des bactéries, plus grande vigilance aux signes de cette pneumopathie (donc compensation d’une sous-estimation du nombre de cas antérieurs).

Notons par ailleurs que la légionellose est une pneumopathie sévère, qui requiert une prise en charge conséquente des patient infectés (soins intensifs, infrastructures adaptées). De nombreux pays ne disposent pas des infrastructures de prise en charge adéquates. Les coûts engendrés par la prise en charge de la légionellose aux Etats-Unis, d’après une étude publiée en 2016,  s’élèvent à plus de 42 000 dollars par cas, entraînant des coûts annuels estimés à près de 340 millions de dollars pour le programme Medicare (système d’assurance santé géré par le gouvernement fédéral des États-Unis au bénéfice des personnes de plus de 65 ans ou répondant à certains critères).

Le cadre réglementaire de surveillance des légionelles dans les réseaux

En Europe et aux Etats-Unis, afin de lutter contre ce risque microbiologique, la réglementation fondée sur le dénombrement de Legionella pneumophila se durcit au fil des ans et impose aux Établissements Recevant du Public (ERP) ainsi qu’aux copropriétés et aux entreprises propriétaires de tours de refroidissement (TAR), des méthodes de gestion préventives, des tests réguliers des installations, et des méthodes correctives.

En cas de contrôle positif (concentration en Legionella pneumophila supérieure à 1 000 Unités Formant Colonies par litre d’eau – UFC/L), même si aucun cas d’infection n’est déclaré, les coûts engendrés peuvent dépasser 1M€ (perte d’exploitation due à la fermeture d’installations, désinfection, chômage technique…) sans compter les amendes infligées par les pouvoirs publics.

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Quels types de tests?

Des tests dits réglementaires sont imposés aux propriétaires/exploitants des installations à intervalles réguliers pour vérifier la concentration en légionelles de leurs réseaux. Leur fréquence dépend du type d’installation. La seule méthode admise en France pour ces tests est la NF T90-431 (culture en laboratoire certifié).

Des tests dits d’autocontrôle sont obligatoires dans les intervalles pour les TAR, et fortement recommandés pour les établissements recevant du public qui doivent pouvoir prouver que leurs réseaux sont correctement suivis (responsabilité civile et pénale en cas de contamination de population, versement d’indemnités parfois lourdes aux victimes survivantes et aux familles des défunts). La méthode pour ces tests est laissée à la discrétion du propriétaire du réseau.

Les méthodes de prévention du risque légionelle

Légionelles et température des réseaux d’eau

Afin d’éviter la prolifération des légionelles dans les réseaux d’eaux chaudes sanitaires, ces derniers doivent être en permanence chauffés au-delà de 50°C, même si la température moyenne de consommation retenue par les études de l’ADEME se situe à une température moyenne de 40°C. Beaucoup d’établissements, dont les établissements de santé et habitats collectifs, tentent de limiter le risque en chauffant leurs réseaux à 55°C voir 60°C, et effectuent régulièrement des chocs thermiques (70°C pendant plus de 10 minutes). Cette méthode préventive constitue une facture énergétique considérable, si l’on considère que 15°C en moyenne (55°C-40°C, soit 27 % de la température de chauffe) sont imputables à la lutte contre la légionelle.

Légionelles et biocides

Les TAR, ou tours aéroréfrigérantes, font aussi l’objet de traitements préventifs. Ces derniers consistent en l’injection régulière et parfois massive de produits biocides dans les réseaux (majoritairement du chlore combiné à des produits adoucissants et anti-corrosion, ou du peroxyde d’hydrogène combiné à des ions argent). Outre les coûts importants que peuvent atteindre de tels traitements (de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de milliers d’euros par an selon la puissance des tours et la taille des réseaux), la pollution chimique engendrée par les rejets peut avoir des conséquences dramatiques pour la biodiversité. Les résidus de biocides détruisent au même titre les microorganismes présents dans l’environnement, impactant en suivant l’ensemble de la chaîne alimentaire et des écosystèmes locaux. 

Des tests de concentration en Legionella pneumophila pas toujours efficaces

La méthode culturale basée sur la norme AFNOR NF T90-431 est la méthode la plus efficace, raison pour laquelle elle est imposée pour effectuer les contrôles réglementaires obligatoires.  La culture de bactéries est en effet la seule méthode permettant de détecter exclusivement les Legionella pneumophila (il existe de nombreuses espèces de légionelles, Legionella spp est la dénomination correspondant à « toutes les espèces de légionelles »), de tous sérogroupes (il existe 16 sérogroupes de cette bactérie pathogène, leur prévalence dans la provocation de légionelloses est variable d’une zone géographique à l’autre), vivantes (donc capables de réplication, condition de leur pathogénicité), et de les dénombrer (UFC/L : Unités Formant Colonies par Litre d’eau).

L’ analyse par culture, bien que la plus performante, ne peut être effectuée que dans des laboratoires équipés, par des techniciens qualifiés (ce test est très opérateur-dépendant). Elle met plus de 10 jours à fournir des résultats, or, en 10 jours, la concentration en légionelles d’un réseau peut passer d’un seuil non-détectable à un seuil > 100 000 UFC/L.

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